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POUR EVACUER LES DERNIERS CASQUES BLEUS, DEBARQUEMENT SANS HEURT EN SOMALIE (MERCREDI 1er MARS 1995°

Des Marines américains et des fusiliers marins italiens ont débarqué, peu après minuit, dans la nuit de lundi à mardi, à Mogadiscio, dans le cadre de l'opération «Bouclier unifié», pour protéger le retrait des troupes des Nations unies encore présentes en Somalie.

LAV-25 de l'USMC et un Type 6614 de l'armée italienne, patrouille dans les rues de Mogadiscio

A peine le dernier Casque bleu, pakistanais, parti du secteur, des Somaliens en armes envahissaient la piste de l'aéroport de la capitale. Des soldats italiens ont dû riposter à leurs tirs nourris, durant la nuit dernière. Il s'agit de miliciens du clan Habr Gedir - celui du général Aïdid - qui ont pris position dans l'aéroport après en avoir chassé les pillards...



Plus tôt, les 1.800 Marines, accompagnés de 500 fusiliers marins italiens, étaient arrivés à bord de péniches de débarquement et d'aéroglisseurs géants. Mission: protéger le retrait des 2.400 derniers Casques bleus de l'Opération des Nations unies en Somalie (Onusom II) ainsi que d'une poignée de hauts fonctionnaires de l'ONU. Et embarquer une cinquantaine de véhicules blindés et trente chars. Au moment du débarquement, la situation était calme dans le centre de la capitale somalienne.

Tandis qu'une unité de Marines accostait au port, d'autres unités arrivaient simultanément à «Green Beach», à proximité de l'aéroport. Dans le port, des Casques bleus du Bangladesh ont accueilli les deux premiers contingents de Marines. Ils ont accosté avec retard en raison d'une mer un peu forte.

Le Pentagone s'attend à ce que la présence des Américains en Somalie n'excède pas une semaine. Nous ne resterons pas plus que le temps absolument nécessaire pour assurer la sécurité des Pakistanais et des Bangladeshis, a déclaré un responsable.

Général américain Tony Zinni
Le général américain Tony Zinni, commandant de l'opération «Bouclier unifié» - 10.000 soldats américains, britanniques, français, italiens, pakistanais et malaisiens - a averti que ses hommes élimineraient la menace constituée par tout véhicule tout terrain («technical») somalien équipé d'arme lourde. Il a précisé avoir établi un «téléphone rouge» avec les dirigeants somaliens de Mogadiscio pour la mise en place d'une force tampon de policiers somaliens non armés et d'une sorte de milice combinée pour assurer la sécurité à l'extérieur du périmètre de l'aéroport.

Le chef de guerre Aïdid avait pris l'engagement à la radio de lutter contre les pillards, qui avaient déjà tenté de forcer les grilles du complexe aéroportuaire et du port pour récupérer le matériel délaissé par les forces de l'ONU. Le contrôle de ces deux installations, dans ce pays sans véritable gouvernement depuis le départ du dictateur Mohamed Siad Barre en janvier 1991, procurerait un important avantage, notamment pour l'importation d'armes et de munitions. Le général Aïdid et le chef de guerre du nord de Mogadiscio Ali Mahdi Mohamed ont mis en place une commission pour leur gestion. Toutefois, cet accord est considéré comme fragile par les observateurs.
(AFP et Rtr.)

Source : archives.lesoir.be

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