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Pourquoi le raid pour libérer Denis Allex a échoué

le 08-02-2013 à 16h18 - Mis à jour le 10-02-2013 à 18h56

Par René Backmann
INFO OBS. Un mois après l'échec du raid de la DGSE en Somalie, le scénario de l'opération se précise.

L’analyse détaillée de l’opération lancée le 11 janvier, au sud de la Somalie, pour libérer Denis Allex, l’agent de la DGSE, détenu depuis juillet 2009 a permis de déterminer les causes précises de l’échec de ce raid, au terme duquel l’otage a été assassiné par ses geôliers tandis que deux membres du commando français étaient tués par les islamistes somaliens.

Contrairement à une rumeur qui avait circulé, ce n’est pas le bruit des rotors des hélicoptères Caracal qui transportaient le commando qui a donné l’alerte aux "shebabs".

Avec à leur bord une cinquantaine d’hommes du service Action de la DGSE et du Commandement des opérations spéciales (COS) les hélicoptères, qui avaient décollé du porte-hélicoptères "Mistral", au large de la côté somalienne – comme l’a révélé, peu après le raid, notre confrère Jean Guisnel – se sont en effet posés, par une nuit sans lune, à une dizaine de kilomètres du village de Bulo-Marer, où avaient été localisés (depuis des mois) l’otage et ses geôliers.

Les militaires savaient que pour éviter d’être entendus, les hélicoptères devaient se poser à 7 km au moins de leur cible. Pour réduire tout risque, ils ont décidé de porter la marge de sécurité à 10 km. Et c’est sans problème et sans être détectés que les membres du commando, équipés de systèmes de vision nocturne, et solidement armés sont arrivés jusqu’au village de Bulo-Marer et même à proximité du bâtiment ou était détenu Denis Allex. Grâce au travail de repérage accompli depuis de longs mois, la configuration des lieux leur était familière.
Deux imprévus pour le commando

Ce qui n’était pas prévisible, c’est que quelques instants avant de lancer leur assaut, ils ont été aperçus par un villageois – ou un combattant islamiste – qui a donné l’alerte. Alors que l’effet de surprise était l’une des composantes majeures de l’opération, ils se sont retrouvés face au groupe qui détenait Denis Allex renforcé par plusieurs dizaines de combattants.

Deuxième surprise : malgré l’énorme quantité d’informations glanées depuis des mois, les membres du commando ignoraient que l’armement du groupe qui détenait Denis Allex ne se composait pas uniquement de Kalachnikov, mais d’armes beaucoup plus puissantes.

C’est sous un feu nourri et meurtrier qu’ils ont dû se replier en emmenant un blessé grave – mort, à bord du Mistral – et en laissant sur le terrain l’un d’entre eux, dont le cadavre a été exhibé par les "shebabs". Quant à Denis Allex il semble qu’il ait été abattu par ses gardiens dès le début de l’attaque.
 

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