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"BELGIUM, GOOD, GOOD!": NOS PARAS OVATIONNES A KISMAYO, 21 décembre 1992

Spectaculaire débarquement belgo-américain hier dans le Sud somalien. Nos paras sont accueillis en libérateurs.

KISMAYO
De notre envoyée spéciale

Lorsque les quinze véhicules amphibies américains jaillirent de l'aube rouge pour mordre la plage de Kismayo, la foule demeura d'abord silencieuse. Mais lorsque, quelques instants plus tard, les paras belges émergèrent des aéroglisseurs, un mumure se propagea parmi les gens en haillons, des Somaliens mais aussi des Bantous, nombreux en ce point de la côte et pauvres parmi les pauvres. Et bientôt, ce fut l'ovation.

D'un long pas détendu, nos paras traversèrent les dunes, plus légèrement harnachés que les Marines américains. Ils ouvraient la voie aux véhicules blancs frappés du drapeau tricolore qui brillaient dans le soleil levant.

Des enfants aux longues jambes de sauterelles, des femmes aux voiles flottants s'égosillaient à crier «Americans welcome» et surtout «Belgium good, good!», brandissant vers les soldats ébahis des rameaux, des branches fleuries. Et les Belges ne comprenaient guère les raisons d'un accueil aussi chaleureux, bien différent des réactions enregistrées à Mogadiscio ou Baidoa à l'arrivée des Marines ou de la Légion.
AIDE HUMANITAIRE ET FIDÉLITÉ


La raison d'une telle réaction est double. La première, c'est que, depuis des mois, ce sont les équipes de Médecins sans frontière Belgique qui gèrent les cinq centres de nutrition qui permettent à 7.300 enfants de s'accrocher chaque jour à la vie. Si la situation nutritionnelle est une peu moins dramatique à Kismayo qu'à Baidoa, c'est bien à MSF qu'on le doit. Contrairement aux agences de l'ONU, l'organisation belge n'a jamais lâché prise et, depuis septembre, a même réussi à réhabiliter l'hôpital de la ville, le seul depuis la frontière kényane jusqu'à la capitale. Les Belges ici sont devenus synonymes d'aide humanitaire, de fidélité.


Deuxième raison de l'enthousiasme de la foule: les Belges sont considérés comme des libérateurs. Ainsi, peu après le débarquement, deux hommes essoufflés, tremblant de peur, se jetaient littéralement dans mes bras, me poussant entre deux camions belges: Aidez-nous, on nous massacre! Chaque nuit, il y a des tueries. On égorge à l'arme blanche. Nous voulons être protégés par les soldats de votre pays.

Voilà un problème auquel le lieutenant-colonel Jacqmin n'avait certainement pas songé. Car l'arrivée des Belges et des Américains à Kismayo - en avance de trois semaines sur le calendrier initial - est due à la disponibilité des paras belges mais aussi à l'urgence de la situation. Les Américains, qui se sont déployés à Baidoa, Mogadiscio, Baladoglu, ont en effet été pressés de demandes venant des villes du sud, Kismayo, Merca, Prava.

SOUS COMMANDEMENT BELGE

Chassés de la capitale, les «technicals» font régner la terreur dans les campagnes et les petites cités de la côte. Se déployant avec une puissante lenteur, les Américains ont dû reconnaître qu'ils n'avaient, pour l'instant tout au moins, pas assez d'hommes à leur disposition pour gagner les villes du sud. C'est alors que les Belges, peu désireux d'assurer longtemps la garde de l'aéroport de Mogadiscio, proposèrent leurs services.

Le lieutenant-colonel Jacqmin rappela l'expérience africaine de ses hommes, la mobilité de son bataillon qui, contrairement aux Français, dispose de suffisamment de véhicules. L'accord fut rapidement conclu: les Belges reçurent le feu vert immédiat pour Kismayo, les Américains se contentant de les amener à pied d'oeuvre. Dès ce lundi, les C-130 venus directement de Belgique déposeront le reste de la compagnie et un équipement logistique et défensif plus léger peut-être que celui des Américains, mais immédiatement opérationnel. Quant au lieutenant-colonel Jacqmin, qui sera colonel d'ici la fin de la semaine, il a reçu la responsabilité du commandement de la région de Kismayo, avec autorité sur les soldats américains.

Le lieutenant-colonel Jacqmin (au centre) en pleine discussion avec des membres de la population de Kismayo.

Faut-il décrire la fierté du bataillon qui s'est vu confier très vite un tâche importante et difficile?

Car, ici, prendre le contrôle du port et de l'aéroport où se poseront bientôt les Galaxy américains n'est pas le plus grand défi. Les Belges devront à la fois assurer la sécurité des convois de vivres, empêcher le racket sur le port et l'aéroport, mais aussi rassurer la population. C'est pour cela que le lieutenant-colonel Jacqmin a été immédiatement reçu par l'homme fort de Kismayo, Omar Jess, qui soutient le général Aidid. Il fut question de sécurité militaire mais aussi de ces bandes qui terrorisent la ville.

Jess entend qu'on le considère comme un chef à part entière mais les Belges et les Américains, pour leur part, refusent d'encore apercevoir les «technicals» dans la ville. C'est pourquoi Jess s'est vu conseiller de faire disparaître les auto-mitrailleuses traînant dans la cour de son imposante demeure, vraisemblablement volée à un notable local, et de veiller à la discipline de ses hommes. Lorsque tous mes paras seront arrivés, j'aurai plus d'arguments à lui opposer, murmure le lieutenant-colonel Jacqmin qui aujourd'hui doit encore tenir compte de la faiblesse relative des effectifs de la coalition qu'il dirige.

LA DROGUE ET LES FUSILS

Armes saisies par les troupes belges dans la région de Kismayo.
Face à la prolifération des armes, face aux avions chargés de «kat» qui se posent sur l'aéroport et se faufilent entre les Hercules et les Transall, Jacqmin se veut plus réaliste que les Américains: La drogue est consommée dans le pays depuis des centaines d'années. Ce n'est pas moi qui vais changer les habitudes des Somaliens. Les fusils, par contre, je ne veux plus les voir.

En quelques heures, l'atmosphère de la ville a totalement changé. Ceux qui se terraient dans les camps osent à présent gagner les marchés, le cours du dollar a baissé. Les vivres sont revenus sur les étals et, durant toute la journée, des femmes, lançant des «you you», ont défilé derrière de hautes pancartes proclamant «Welcome welcome». Demain, il sera toujours temps de savoir qui commande à Kismayo. Aujourd'hui, il suffit encore d'espérer.



COLETTE BRAECKMAN

Source : archives.lesoir.be
Photos : DG Com - MoD

LES CASQUES BLEUS NE VEULENT PLUS ETRE DES CIBLES, FREINER L'ARRIVEE D'ARMES ET DE KHAT EN SOMALIE: L'ONU FERME UN AEROPORT, mercredi 11 août 1993

Les dirigeants de l'opération des Nations unies en Somalie (Onusom) ont décidé de fermer mardi l'aéroport «K50», situé à 50 km au sud-ouest de Mogadiscio, afin de réduire l'approvisionnement en armes de la faction du général Mohamed Farah Aïdid. Beaucoup d'armes arrivent par cet aéroport, a affirmé le porte-parole militaire de l'Onusom, le commandant David Stockwell, qui a précisé que, pour empêcher l'atterrissage sur l'aéroport, les soldats pakistanais ont disposé des obstacles sur les pistes.

Cette décision a été annoncée deux jours après la mort de quatre Casques bleus américains tombés dans une embuscade. Il s'agirait de la première phase d'une opération militaire d'envergure contre le chef de guerre somalien en fuite, tenu par l'ONU pour responsable de l'attaque de dimanche.

POUR EVACUER LES DERNIERS CASQUES BLEUS, DEBARQUEMENT SANS HEURT EN SOMALIE (MERCREDI 1er MARS 1995°

Des Marines américains et des fusiliers marins italiens ont débarqué, peu après minuit, dans la nuit de lundi à mardi, à Mogadiscio, dans le cadre de l'opération «Bouclier unifié», pour protéger le retrait des troupes des Nations unies encore présentes en Somalie.

LAV-25 de l'USMC et un Type 6614 de l'armée italienne, patrouille dans les rues de Mogadiscio

A peine le dernier Casque bleu, pakistanais, parti du secteur, des Somaliens en armes envahissaient la piste de l'aéroport de la capitale. Des soldats italiens ont dû riposter à leurs tirs nourris, durant la nuit dernière. Il s'agit de miliciens du clan Habr Gedir - celui du général Aïdid - qui ont pris position dans l'aéroport après en avoir chassé les pillards...

Atalanta vise les pirates à terre : toutes les explications (enfin presque)

22 mars 2012




Les avions de patrouille martime constituent un élément appréciable
de la reconnaissance et localisation des bases logistiques pirates
(crédit : Bundeswehr)

(BRUXELLES2, exclusif) Tous les Etats membres de l’UE qui avaient posé des réserves parlementaires à l’extension de l’opération anti-piraterie de l’UE (Eunavfor Atalanta) – les ont levé : le Royaume-Uni, la semaine dernière (réserve parlementaire), l’Espagne plus récemment (réserve d’alerte) et l’Allemagne devrait le faire demain. « L’Allemagne devrait lever demain la réserve et sera pleinement impliquée dans l’opération » a précisé Pedro Morenes, le ministre espagnol de la Défense, lors d’un point de presse.
Extension calendaire et géographique
L’extension de l’opération concerne, à la fois, la durée de l’opération, prolongée jusqu’à décembre 2014, que sa zone géographique, qui d’atteindre les eaux territoriales et intérieures somaliennes (ports, eaux entre la côte et les iles) comme ses côtes (les plages). Ce point devrait, normalement, alors être approuvé sans débat, avec les « points A » vendredi.

Les détails dans le plan d’opération (Oplan)
Cette décision fixe un cadre général ; elle ne précise les modalités opératoires pour prévenir les attaques pirates. Les détails du plan « offensif » seront, en effet, fixés dans un plan d’opération qui devrait être approuvé la semaine prochaine par le COPS (Comité politique et de sécurité). Les deux décisions font partie d’un même « paquet » qui a déjà été préparé. Et, normalement, sauf incident de dernière minute, le commandant d’opération disposera dès le début du mois prochain, de nouvelles règles d’engagement et d’action permettant de prévenir certaines attaques pirates.

La guerre de l’Ogaden (1977-1978) : un conflit régional éclipsé par la guerre froide (1/3)

Source: Alliance Geostrategique



La guerre de l’Ogaden est d’abord un conflit frontalier opposant la Somalie du général Siad Barre à l’Ethiopie du colonel Mengistu, entrée en révolution en 1974. Elle trouve son origine dans des problèmes anciens concernant les délimitations de frontières au moment de la décolonisation. Elle est aussi provoquée par une opportunité qu’a saisie Siad Barre : celle du chaos et de la désorganisation supposée de l’Ethiopie, secouée par une révolution, et qui doit permettre aux Somaliens de reprendre la province de l’Ogaden. Elle marque surtout un renversement spectaculaire de la position de l’URSS, qui a soutenu jusque là le régime somalien, et qui va désormais appuyer l’Ethiopie agressée par son voisin. L’Armée Rouge profite d’un conflit qu’elle a en grande partie initié, par des livraisons d’armes aux deux camps, pour tester de nouveaux matériels et de nouvelles tactiques militaires sur le champ de bataille. Si la guerre de l’Ogaden s’inscrit parfaitement dans la dimension globale de la guerre froide, il n’en demeure pas moins que ses conséquences seront surtout importante pour les deux Etats africains concernés.

Au départ, un conflit frontalier…
La Corne de l’Afrique dans laquelle prend place ce conflit n’a pas une définition précise : c’est plus une métaphore qu’une réalité politique. Elle comprend l’Ethiopie, l’Erythrée, la Somalie et Djibouti, auxquels sont parfois rajoutées d’autres nations voisines. Ces territoires forment en quelque sorte un pont entre le Moyen-Orient et l’Afrique subsaharienne, dont l’influence géopolitique ne doit pas être sous-estimé. La Corne de l’Afrique est en effet sur le flanc des pays producteurs de pétrole de la péninsule arabique : elle contrôle les détroits de Bab El Manded et une partie du golfe d’Aden par lesquels passent nombre de pétroliers.

La Russie s’intéresse depuis longtemps à cette région. Les premiers contacts, en particulier, avec le royaume éthiopien, sont pris dès la fin du Moyen Age. Au XIXème siècle, pour contrer la mainmise britannique sur l’Egypte et le canal de Suez, la Russie tsariste, convaincue par ailleurs du potentiel économique de l’Ethiopie, y expédie des armes et des conseillers militaires, qui contribuent en partie à la victoire de Ménélik II sur l’Italie à Adoua en 1896. En 1887 par ailleurs, l’Ethiopie a annexé la province du Harar, évacuée par les Egyptiens, puis celles du Haud et de l’Ogaden, peuplées de Somaliens et sous protectorat britannique. Un traité sur les nouvelles frontières est signé entre l’Ethiopie, l’Italie et la Grande-Bretagne en 1897, mais sans consulter les populations somaliennes des provinces concernées, ce qui n’est pas sans conséquences sur la suite des événements.

Les liens russo-éthiopiens se distendent après la révolution bolchevique de 1917, notamment parce qu’un certain nombre de Russes blancs trouvent alors refuge en Ethiopie. Il faut attendre les années 30 pour que des relations commerciales soient rétablies, l’Union Soviétique négociant aussi avec la Somalie française et la colonie italienne d’Erythrée. En 1935, l’URSS dénonce l’invasion italienne de l’Ethiopie par Mussolini à la Société Des Nations, mais devant l’inefficacité de l’institution chargée de garantir la paix, elle préfère sauvegarder ses échanges commerciaux avec le régime fasciste. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’image de l’URSS en Ethiopie va considérablement s’améliorer de par l’agression allemande, la dissolution du Komintern en avril 1943 et enfin, le 4 septembre de la même année, la réhabilitation de l’Eglise orthodoxe par Staline. Des relations diplomatiques sont établies entre l’Ethiopie et l’URSS.

L’empereur Haïlé Sélassié s’oppose alors violemment aux Britanniques après la défaite des Italiens, consommée dès 1941. Ceux-ci conservent en effet un contrôle de l’Ogaden et du Haud, ainsi que de la voie ferrée menant de la ville éthiopienne de Dire Dawa à la Somalie française. Les frontières avec leSomaliland britannique sont redéfinies, mais les Britanniques ne reconnaisssent pas les frontières éthiopiennes avec leur territoire tandis que le traité de 1897 laisse dans le flou la frontière entre l’Ethiopie et la Somalie italienne. Les Britanniques ont installé une administration militaire dans les colonies italiennes reconquises (Somalie, Erythrée), où ils laissent se développer une agitation politique nationaliste. En 1944, ils font cependant un geste en rétrocédant à l’Ethiopie le chemin de fer franco-éthiopien et en retirant leurs garnisons du pays.

L'AIDE A LA SOMALIE SE FERA MANU MILITARI - LES PARAS BELGES PRETS A UN DEPART IMMINENT ET A UNE ACTION EXEMPLAIRE.... , jeudi 3 décembre 1992

Une «opération de police internationale» est envisagée. Les paras belges se retrouveraient aux côtés des Marines.


Effrayant. Alors que 1.800 Marines américains se rapprochent des côtes somaliennes, la tragédie s'amplifie: selon le département d'Etat, la famine et les maladies font chaque jour plus d'un millier de morts. Dans la seule ville de Bardera (20.000 habitants), on compte plus de 100 morts par jour et, suivant les estimations de l'ONU, 200.000 Somaliens ont déjà péri et deux millions d'autres sont menacés. Il est donc urgent d'intervenir, pour empêcher les bandes armées de piller plus longtemps 80 % de l'aide humanitaire acheminée en Somalie.

C'est pour cela que le Conseil de Sécurité des Nations unies, au cours d'une réunion à huis clos, s'est prononcé pour l'envoi d'une force multinationale, qui serait proablement - mais pas nécéssairement - sous commandement américain. De toutes manières, les Etats-Unis, qui ont proposé de mettre 30.000 hommes à la disposition de l'ONU pour cette opération, auraient le contingent le plus nombreux. D'autres pays occidentaux appuyeraient cette opération multinationale: la France, l'Italie et la Belgique.

Depuis septembre en effet, la Belgique tient 500 paracommandos à la disposition des Nations unies. Mais, pour les envoyer en Somalie, elle exige l'accord des parties en présence, tandis que les militaires, conscients des dangers, souhaitent partir munis d'un équipement défensif efficace. Désormais, la mission des militaires belges pourrait prendre une autre tournure: ils participeraient à une sorte d'opération de police internationale et destinée à garantir l'accès des secours aux populations civiles.

Cependant, malgré la présence dans la Corne de l'Afrique d'observateurs militaires belges, malgré le fait qu'un C-130 de notre Force aérienne participe déjà aux opérations de secours depuis le Kénya, les responsables belges ne présentent pas comme imminent le départ de nos paracommandos. Pour plusieurs raisons. D'abord parce que la mise en oeuvre de l'opération exige encore une décision du Conseil de sécurité de l'ONU et que certains pays du tiers monde demeurent réticents à cet exercice musclé du droit d'ingérence, même s'il se justifie par l'urgence humanitaire.

Pour avoir Eunavfor, merci de téléphoner à Whitehall !


(BRUXELLES2) Etonnante cette réponse de la porte-parole d’Eunavfor Atalanta… J’avais tout simplement sollicité une interview du RearAdmiral qui commande l’opération européenne anti-piraterie Eunavfor Atalanta. Et quel ne fut mon étonnement qu’ il faut minimum 5 jours de délai (surement ouvrables, car le QG d’Atalanta est fermé les weeks-end, au moins pour la presse). Et encore, il faut poser les questions à l’avance. On ne sait jamais : si le contre-amiral est surpris par une question sur le nombre d’attaques pirates ou le nombre de bateaux engagés. De toute façon, ne vous attendez pas à être avoir une réponse immédiate. Pour pouvoir rencontrer le contre-amiral,… il faut avoir la « clearance » du ministère… britannique de la Défense. Plutôt étonnant pour un officier général qui est responsable de l’opération, qui a été nommé très officiellement par le conseil des ministres, et qui ne ne dépend normalement dans l’exécution de sa mission que de l’Union européenne et non … d’un ministère britannique ! D’autant quand il se trouve à Bruxelles, dans les murs du Conseil de l’Union européenne, à Bruxelles, c’est une situation plutôt inexplicable, où un Etat membre va s’arroger le pouvoir d’autoriser, ou non, un journaliste à parler à un officier européen.

Comme un malaise dans la communication
Cette réponse n’est cependant pas très étonnante quand on connait un peu le fonctionnement de l’opération. Elle est assez bien en ligne avec la sous-communication tangente de l’opération Eunavfor Atalanta. Volontaires ou involontaires, les loupés de communication ne se comptent plus depuis plusieurs mois. Le premier ? le commandant de l’opération organise  un point de presse à Londres, mais pas à Bruxelles. Un signe ! Le dernier ? La réunion du Shade (le dispositif de coordination de la lutte anti-piraterie dans l’Océan indien), a d’abord été communiquée à la presse par le commandement … US alors qu’il était sous présidence d’Eunavfor. Le site internet de l’opération est mis à jour avec retard. Les navires présents sur l’opération ne sont plus mis en ligne depuis plusieurs semaines déjà sur un site internet qui reste parfois plus d’une semaine sans être mis à jour. Dans le décompte, effectué régulièrement des navires capturés par les pirates, le nombre de marins otages ne tient compte que des marins travaillant sur des navires marchands et non pas des pêcheurs locaux otages des pirates. Etc. Etc… Il y a comme un malaise !
A cela, il y a plusieurs causes certainement. La rotation extrême des officiers de communication n’aide, par exemple, pas à tisser des liens. C’est bien simple, j’ai à peine le temps de noter son nom, qu’il a déjà disparu de la circulation. (le dernier officier de presse, je le connais puisqu’il était auparavant… l’officier de presse de Ocean Shield, l’opération anti-piraterie de l’OTAN). Le fait que le quartier général soit situé à Londres, dans une banlieue retirée et résidentielle, sur une base britannique est aussi un sacré problème pour une opération européenne qui, a priori, intéresse plutôt les journalistes basés à l’UE que ceux basés à Londres. Il est vraiment dommage que le poste d’officier de communication basé à Bruxelles qui avait été en fonction pendant plusieurs mois n’ait pas perduré !


Une Britannique libérée après plus de six mois de détention en Somalie

21 mars 2012

La Britannique Judith Tebbutt, otage en Somalie depuis son enlèvement début septembre 2011 avec son mari, tué, dans un village de vacances au Kenya, a été libérée mercredi par ses ravisseurs et est arrivée à Nairobi, en se disant "en forme" malgré plus de six mois de captivité.
"Nous pouvons confirmer qu'elle est dans un endroit sûr au Kenya", a simplement déclaré mercredi après-midi à l'AFP le porte-parole de la représentation britannique dans la capitale kényane, John Bradshaw.
Son mari David avait été tué alors qu'il tentait, semble-t-il, de résister aux ravisseurs. Le couple était seuls clients du complexe touristique, dans uns bungalow à une quarantaine de km au sud de la frontière somalienne et à une cinquantaine de km au nord de l'île kényane de Lamu.
Des chefs coutumiers de la région d'Addado, à environ 500 km au nord-est de Mogadiscio, à environ 50 km de la frontière éthiopienne, où un petit avion est venue la chercher, avaient annoncé plus tôt sa libération à l'AFP.
Dans un entretien réalisé peu avant sa libération par la chaîne britannique de télévision ITV, Judith Tebbutt, âgée de 57 ans, s'est dit "en forme".
"Mon état est aussi bon qu'on peut l'espérer. Ma santé est bonne. Je dors très bien ici. J'ai été malade trois fois en sept mois. A chaque fois, j'ai eu des médicaments presque immédiatement et ça s'est résolu", y explique la Britannique, originaire du sud de l'Angleterre, filmée en plan serré sur son visage.
Elle a indiqué "ne pas avoir été torturée", mais a reconnu avoir vécu "des moments très durs psychologiquement". A la BBC, elle a révélé, des sanglots dans la voix, n'avoir appris la mort de son époux que deux semaines après son enlèvement, lors d'un entretien téléphonique avec son fils Oliver.
Mme Tebbutt avait été enlevée dans la nuit du 10 au 11 septembre dernier dans un village de luxe du nord de la côte kényane.
Elle Tebbutt a affirmé que son fils avait obtenu sa libération, sans savoir "comment il avait fait".
"Les chefs coutumiers locaux et des associations de la société civile ont été très actifs pour résoudre cette question", a expliqué Mohamud Ibrahim, un chef coutumier de la région, à l'AFP.
"Il n'y a pas eu de demande de rançon, mais les frais liés à sa captivité étaient très importants", a-t-il ajouté, sans autre détails.
Un porte-parole du Premier ministre britannique David Cameron a affirmé que "payer des rançons ne faisait pas partie de la politique du gouvernement" britannique.
Un habitant d'Addado, Daud Ali, proche des négociateurs, a indiqué qu'une rançon de 1,2 million de dollars avait été versée aux ravisseurs. "Des citoyens britanniques d'origine somalienne ont été très impliqués dans les négociations", a-t-il ajouté.

SOMALIE – Attentats et nouveaux combats dans le sud – impliquées les troupes kenyanes et éthiopiennes

Agenzia Fides , le 21 mars 2012

Mogadiscio (Agence Fides) – De la Somalie continuent à parvenir des nouvelles relatives à des affrontements et à des attentats. Une voiture piégée a explosé ce matin au centre de la capitale, Mogadiscio, dans les environs du Palais présidentiel, faisant un blessé parmi les passants. La même zone a été touchée le 19 mars par différents tirs de mortier qui ont fait cinq victimes civiles.
L’attentat d’aujourd’hui intervient immédiatement après l’avertissement lancé par un porte-parole des milices Shabab à la population afin qu’elle se tienne à distance des édifices gouvernementaux et de ceux de l’AMISOM (la force militaire de l’Union africaine en Somalie) qui appuie les troupes du gouvernement de transition.
En parallèle, les combats entre Shabab et militaires kenyans se poursuivent dans le sud du pays. Selon Radio Shabelle, trois avions de l’armée de l’air kenyane ont attaqué le 20 mars un certain nombre de camp d’entraînement des Shababs dans la zone de Diif et dans la région du Bas Juba.
A Baidoa, 250 Km au sud de Mogadiscio, les troupes éthiopiennes et celles du gouvernement de transition somalien se sont durement affrontées avec les Shababs.
L’armée kenyane est intervenue officiellement en Somalie pour donner la chasser aux ravisseurs d’un certain nombre de touristes occidentaux, identifiés comme des bandits somaliens agissant en territoire kenyan. Parmi ces touristes, se trouvait la britannique Judith Tebbutt, qui a été libérée ces dernières heures, semble-t-il après le paiement d’une rançon. (L. M.) (Agence Fides 21/03/2012)

Source : http://www.chretiente.info/201203214526/somalie-attentats-et-nouveaux-combats-dans-le-sud-impliquees-les-troupes-kenyanes-et-ethiopiennes/

Somalie : L’armée éthiopienne revient chasser les shebab

Somalie : L’armée éthiopienne revient chasser les shebab


















L’Ethiopie est de retours  sur le territoire de son voisin pour combattre les islamistes radicaux. Une intervention qui s’ajoute à celles du Kenya et de l’Union africaine.
L’armée éthiopienne ( photo) a déjà repris la ville de Baidoa  quasiment sans combat le 22 février. Cette ville était contrôlée depuis janvier 2009 par les shebab, qui ont revendiqué leur affiliation à Al-Qaeda et s’opposent au gouvernement central somalien.
Cependant, dans les rues, certains commerces affichent toujours porte close car leurs propriétaires craignent des représailles. «Ils nous appellent et menacent de nous tuer si nous coopérons avec les Ethiopiens», affirme Moalim Ali Barre. En effet, les insurgés, s’ils ont déserté la ville, restent actifs. Il y a une semaine, de violents combats ont éclaté dans une localité située à 70 km de Baidoa.
Les Occidentaux n’interviennent plus directement
Voilà bien longtemps, près de vingt ans, que les Occidentaux ont renoncé à intervenir directement en Somalie, déléguant cette mission aux Africains. Depuis l’année dernière, le sud et le centre de la Somalie sont ainsi le théâtre d’interventions militaires sans précédent de la part de deux pays voisins, l’Ethiopie à l’ouest et le Kenya au sud, dans le but d’éliminer ces islamistes radicaux qui comptent de nombreux jihadistes étrangers dans leurs rangs et qui prônent une charia extrême. La force de l’Union africaine (12 000 soldats ougandais et burundais) a repris le contrôle de la capitale au prix d’offensives coûteuses en hommes.
Le Kenya a lancé une opération militaire mi-octobre, mais peine à progresser plus loin qu’une centaine de kilomètres au-delà de sa frontière. Son armée n’a jamais fait la guerre et la Somalie n’est pas le terrain le plus aisé pour initier des troupes qui ont surtout servi dans le cadre de missions de maintien de la paix, en Sierra Leone ou au Soudan. «Si nous nous précipitons dans cette opération, sans réellement pacifier le territoire, justifie le lieutenant-colonel kényan Jeff Nyaga, les shebab risquent d’attaquer les zones que nous avons prises.» Cet argument est accueilli avec circonspection par les Ethiopiens, qui considèrent l’opération kényane mal préparée et sans stratégie claire. «Les Kényans traînent les pieds et on ne comprend pas pourquoi. En réalité, les shebab ont peur d’une seule armée : la nôtre», confie un diplomate à Addis-Abeba.
Une armée aguerrie
En effet, l’armée éthiopienne est aguerrie. Fin 2006, avec le soutien américain, ses troupes atteignent Mogadiscio et chassent les Tribunaux islamiques. L’occupation suscite une insurrection acharnée. Des centaines de jeunes Somaliens grossissent les rangs des shebab, jusqu’alors minoritaires. Début 2009, l’armée éthiopienne se résout à plier bagages. Un repli aux relents d’échec. Deux ans plus tard, les troupes d’Addis-Abeba sont de retour. Mais, cette fois, affirment ne pas vouloir s’éterniser. «Dans tous les villages que nous avons traversés, la population nous a bien accueillis, les gens en ont assez des shebab», affirme le commandant du contingent éthiopien à Baidoa. Depuis longtemps, l’Ethiopie finance et forme diverses milices somaliennes, afin de garder le contrôle sur son voisin versatile.
Pour beaucoup d’observateurs, se pose de manière urgente la question de l’avenir de ces zones «libérées» par le Kenya, l’Ethiopie ou les troupes de l’Union africaine. Récemment, les Kényans et les Ethiopiens ont entamé des discussions pour tenter de définir une stratégie commune. Le Kenya va bientôt faire partie, à hauteur de 4 660 soldats, de la force de l’Union africaine. L’Ethiopie, elle, ne souhaite pas rejoindre une structure dont elle ne maîtriserait pas le commandement, aux mains des Ougandais.
En marge de ces opérations militaires, une course contre la montre s’est engagée sur le plan politique. Le mandat du gouvernement de transition somalien, entaché par la corruption et l’inefficacité, finit en août. D’ici là, une constitution doit être mise en place. Un diplomate occidental basé à Nairobi constate sans illusion qu’«il reste peu de temps et que tout dépend de la bonne volonté d’individus qui vont tout faire pour s’accrocher au pouvoir».

Source : Libération.fr