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L’ONU en Somalie : le refus de l’engagement ?

23 jan. 2012

La chute de l’Etat somalien en 1991 ouvre une ère de guerre civile et de vaines tentatives de restauration de la paix. Ainsi, après le départ de Siyad Barre, le pillage de l'aide alimentaire s’organise au profit des milices armées. L’ONU crée une première mission (ONUSOM I), mais se retire du sud le 10 septembre 1991 et la guerre entraine la famine. À la demande de l’ONU, les Etats-Unis décident le 9 décembre 1992 d’une intervention (UNITAF). Ils quittent le pays quelques mois plus tard, avant le retrait total des forces d’intervention de l’ONU. L’échec de cette action est complet. Avec une deuxième mission, l’ONUSOM II (26 mars 1993 - 2 mars 1995), deux logiques s’affrontent : celle de l’Organisation des Nations unies qui souhaite rétablir un gouvernement et aider à la reconstruction du pays et celle des seigneurs de guerre qui défendent leurs propres intérêts et s’opposent ainsi à toute action extérieure qui pourrait favoriser le clan ou la milice opposée (1). L’ONU concentre rapidement ses efforts sur le processus de paix afin de mettre un terme aux violences des milices armées. L’accord d’Addis Abeba en 1993, représente ainsi le premier d’une série d'efforts visant à instaurer la paix entre les différentes parties, à amorcer un processus de réconciliation et à reconstructuire l’Etat. Toutefois, ces efforts pour pacifier le pays sont restés vains. En février 2007, l’Union africaine (UA) devant le manque de volonté d’intervention des acteurs internationaux décide de la création d’une mission en Somalie (African Union Mission in Somalia, AMISOM). Le Conseil de sécurité, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte, autorise également l’UA à établir une «mission de protection et de formation en Somalie» par la résolution 1744, adoptée le 20 février 2007 (9). L'AMISOM est ainsi créée dans l’idée que la mission n’excéderait pas une période de six mois et que l'ONU allait rapidement en prendre le relais. Or, l’AMISOM est toujours déployée et le relais onusien se fait toujours attendre. L’objet de cette contribution vise à expliquer ces hésitations de l’ONU à intervenir en Somalie.

 

De l’IGASOM à l’AMISOM : quelle intervention en Somalie ?

L'hôpital Keysaney à Mogadiscio est touché par des tirs de mortier

Genève / Nairobi — L'hôpital Keysaney, dans le nord de Mogadiscio, a été touché par deux obus de mortier la nuit dernière.
Heureusement, personne n'a été tué ou blessé. Les obus sont tombés dans un jardin et au milieu de deux bâtiments, à l'intérieur du complexe hospitalier. L'attaque a provoqué des fissures dans les murs du bloc opératoire, la chute de plusieurs arbres et l'endommagement des conduites d'eau. Pourtant, l'hôpital portait clairement l'emblème du croissant rouge.
« Nous sommes extrêmement inquiets pour les patients et le personnel à l'hôpital Keysaney. La situation est vraiment désespérée si les gens ne se sentent même pas en sécurité dans un hôpital, déclare le docteur Ahmed Mohamed Hassan, président du Croissant-Rouge de Somalie. Sachant que la Somalie manque de personnel médical et d'installations sanitaires, les services fournis par l'hôpital Keysaney sont tout à fait vitaux. »
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-Rouge de Somalie rappellent à toutes les parties au conflit qu'en vertu du droit international humanitaire, les installations médicales doivent être en tout temps respectées et protégées. Les parties doivent épargner le personnel médical et les hôpitaux, dispensaires et autres installations médicales similaires, des effets des hostilités. Quand une attaque est lancée ou que du personnel et des équipements militaires sont positionnés, tous ceux qui participent aux hostilités doivent prendre toutes les mesures de précaution possibles pour minimiser les dommages potentiels aux civils et aux biens de caractère civil tels que les hôpitaux.
Keysaney est un des deux hôpitaux spécialisés en chirurgie que le CICR assiste à Mogadiscio. Il est géré par le Croissant-Rouge de Somalie et accepte tous les patients, indépendamment de leur clan ou de leur appartenance religieuse ou politique. Le CICR fournit à l'hôpital du matériel chirurgical et des médicaments, et offre une formation aux médecins et au personnel infirmier. Près de 2 000 patients ont reçu des soins à l'hôpital Keysaney en 2011. Quelque 30 000 patients souffrant de lésions provoquées par des armes, parmi lesquels un grand nombre de femmes et d'enfants, ont reçu un traitement dans cet hôpital depuis son inauguration, en 1992.


U.S. military raid in Somalia frees American, Dane

Source: The Associated Press/USA Today

http://i.telegraph.co.uk/multimedia/archive/02118/somalia_2118956i.jpg

The same U.S. Navy SEAL unit that killed Osama bin Laden parachuted into Somalia under cover of darkness early Wednesday and crept up to an outdoor camp where an American woman and Danish man were being held hostage. Soon, nine kidnappers were dead and both hostages were freed.
President Obama authorized the mission by SEAL Team 6 two days earlier, and minutes after he gave his State of the Union address to Congress he was on the phone with the American’s father to tell him his daughter was safe.
The Danish Refugee Council confirmed the two aid workers, American Jessica Buchanan and Poul Hagen Thisted, a Dane, were “on their way to be reunited with their families.”
Buchanan, 32, and Thisted, 60, were working with a de-mining unit of the Danish Refugee Council when gunmen kidnapped the two in October.
The raiders came in quickly, catching the guards as they were sleeping after having chewed the narcotic leaf qat for much of the evening, a pirate who gave his name as Bile Hussein told the Associated Press by phone. Hussein said he was not present at the site but had spoken with other pirates who were, and that they told him nine pirates had been killed in the raid and three were “taken away.”

Etat des lieux des forces américaines en Somalie

Le Danois Poul Thisted, 60 ans et l'Américaine Jessica Buchanan, 32 ans, otages depuis trois mois en Somalie, ont été libérés au cours d'une opération menée à l’aube par des forces spéciales américaines hier, mercredi 25 janvier 2012. Des forces américaines qui ne cessent d'accroître leur présence dans la région depuis quelques années.


Etat des lieux des forces américaines en Somalie 
La Maison Blanche a officialisé le raid mené la nuit dernière par les forces spéciales américaines pour libérer les deux humanitaires. Une intervention au sol, ce qui est plutôt rare. Mais c'est loin d'être la première opération de l'armée américaine en Somalie. Les autres ne sont pas forcément rendues publiques. Samedi dernier encore, un drone américain aurait abattu un combattant shebab au sud de Mogadiscio, Hilal al-Barzawi, un cerveau des attentats de 2010 à Kampala.

Pour l'armée américaine, échaudée et traumatisée par le fiasco de l'opération Restore Hope en 1993, plus question d'installer de façon permanente ses troupes en Somalie. En revanche, elle y mène des opérations coup de poing. Soit depuis ses navires qui croisent au large, et ils sont nombreux pour certains enrôlés dans la Task force de l'Otan sur l'Afghanistan, soit depuis d'autres pays de la Corne de l'Afrique où les Américains renforcent leur présence depuis plusieurs années, resserrant l'étau autour de la Somalie.

A Djibouti, ils disposent d'une base importante, leur seule base permanente sur le continent, plus de 3 000 hommes, regroupés au Camp Lemonier, avec d'importants moyens d'écoute, de reconnaissance, et une flotte aérienne.

Mais les Etats-Unis ont également positionné des drones, des avions sans pilote, et du personnel dans le sud de l'Ethiopie, dans le nord du Kenya, près de Lamu, et même, selon le Washington Post aux Seychelles. Des drones qui, pour certains, peuvent être armés pour des frappes ciblées.

Source: RFI

Les combats se poursuivent à Mogadiscio

MOGADISCIO (Reuters) - Les combats qui se poursuivent à Mogadiscio entre insurgés islamistes et soldats somaliens appuyés par l'Amisom, la force de paix de l'Union africaine (UA), ont fait au moins neuf morts depuis vendredi, en majorité des femmes et des enfants, a-t-on appris dimanche de source médicale.
Les soldats de l'UA, qui appuient les forces gouvernementales somaliennes, ont lancé vendredi soir une nouvelle offensive contre les rebelles d'Al Chabaab.
Pour la première fois, ils ont réussi à occuper près de la capitale des positions des insurgés mais ceux-ci ont lancé plusieurs contre-attaques.
Samedi soir, les Chabaab ont attaqué une position gouvernementale connue sous le nom d'"ex-control", dans le nord-ouest de la ville, mais ont été repoussés, a dit un porte-parole de l'Amisom.
"Vendredi et samedi soir, il y a eu neuf morts parmi les réfugiés pris entre deux feux, en majorité des femmes et des enfants des camps situés près de l'ancienne ambassade des Etats-Unis", a dit à Reuters Ali Moussa, responsable du service d'ambulances de la capitale.
La position d'"ex-control" est un point stratégique dans les faubourgs de Mogadiscio, sur la route qui mène à Afgoye, un bastion des rebelles à une trentaine de kilomètres de la capitale.
"Ces deux dernières nuits, les Chabaab se sont approchés à bord de véhicules armés de canons mais nous les avons repoussés", a dit Ndayiragije Come, porte-parole du contingent burundais de l'Amisom.
Dans la ville d'Elacha, à 13 kilomètres de Mogadiscio, les insurgés ont annoncé qu'un de leurs chefs avait été tué par un missile tiré par un drone américain.
L'homme, Bilal el Berdjaoui, alias Abou Hafsa, circulait en voiture quand l'attaque s'est produite. D'origine libanaise, il était détenteur d'un passeport britannique, ont précisé les Chabaab dans un communiqué publié samedi soir. Elevé à Londres, Abou Hafsa avait rejoint les islamistes somaliens il y a six ans.
"Il avait joué un rôle important dans la lutte contre les seigneurs de la guerre qui terrorisaient alors la ville de Mogadiscio", ajoute le communiqué.
A la suite de ce raid, des familles entières ont fui le secteur d'Elacha de craintes de nouvelles attaques aériennes.

Abdi Cheikh et Fayçal Omar; Guy Kerivel pour le service français

Source: http://maghreb.msn.com

Sept heures à Mogadiscio



Je reviens tout juste d’une visite express jeudi à Mogadiscio, la capitale de la Somalie. Drôle d’expérience que cette plongée de quelques heures dans une ville soit-disant pacifiée où la mort fait partie du quotidien….
Six mois après la déclaration de famine en Somalie (le 20 juillet dernier), l’agence humanitaire de l’Onu, OCHA, avait décidé d’emmener un petit groupe de journalistes sur place pour faire le point sur la situation humanitaire. Partis très tôt, nous arrivons vers 8h30 à l’aéroport de Mogadiscio, déjà bien brûlé par le soleil. Sur le tarmac, des petits tas bleus nous attendent: des gilets pare-balles et des casques aux couleurs de l’Onu.
Après nous être laborieusement équipés (c’est très lourd un gilet pare-balles, autour de 20 kilos)  et casqués, nous avons droit à un topo sécurité un peu glaçant. “Les Shebab peuvent s’infiltrer n’importe où, n’importe quand. Ces sept derniers jours, il y a eu 11 affrontements armés et de nombreuses explosions de grenades et d’engins piégés. C’est la raison pour laquelle on ne restera pas plus de 30 minutes au même endroit”.
Une fois dûment avertis des risques, nous voilà partis, à bord de nos Casper, véhicules blindés sud-africains surmontés de mitrailleuses. Au volant, des soldats ougandais de l’Amisom, la force de l’Union africaine en Somalie. Première étape: un camp de personnes déplacées par la sécheresse, installé le long de la piste d’atterrissage. Paysage de cactus et de dunes, avec, juste derrière, l’océan indien. 
Quelque 2.700 familles vivent là dans des abris plus que rudimentaires, simples entrelacements de branchages surmontés de bâches en plastique et de tissus colorés. Parmi elles, Habiba et ses quatre enfants de 10 à 16 ans. Veuve de 35 ans, elle en fait bien dix de plus. Elle se plaint du manque de nourriture mais dit se sentir en sécurité dans ce camp proche du quartier général de l’Amisom. “Ce n’est pas le cas partout, glisse l’interprète, ailleurs, il y a énormément de criminalité, de lutte de clans”.
Puis le convoi repart vers un centre de nutrition du PAM, le programme alimentaire mondial. Cela nous donne l’occasion de voir un peu la ville, à travers les vitres étroites du blindé. Les bâtiments blancs, même partiellement détruits gardent un certain charme. Au kilomètre 4, un grand carrefour porte les stigmates de 20 ans de guerre civile. Pas une façade sans impact de balles et, sur le toit terrasse d’un immeuble, un empilement de sacs de sable, mais sans combattants derrière.
Car les islamistes radicaux Shebab ont officiellement abandonné la ville l’été dernier. Depuis, il n’y a plus réellement de front mais le danger n’a pas disparu. Renonçant à l’affrontement direct avec les troupes gouvernementales et les soldats de l’Amisom, les Shebab ont opté pour les opérations de guérilla, un harcèlement permanent à coup de grenades, de mines ou d’engins piégés commandés à distance.
Malgré tout, les habitants semblent se sentir plus en sécurité qu’avant, quand des bombardements indiscriminés les contraignaient à rester terrés chez eux. Autrefois désertée, la grande rue de Mogadiscio est très animée, et même embouteillée ! De multiples échoppes qui vendent de tout, des téléphones portables au cafetières électriques, témoignent que les Somaliens n’ont rien perdu de leur génie commerçant. En cas de doute, des peintures murales bariolées détaillent le type de marchandises disponibles à l’intérieur.
Le centre de nutrition où nous nous rendons est situé dans le quartier d’Hodan. Là, femmes et enfants patientent dans le calme devant d’énormes marmites fumantes. Au menu, comme tous les jours d’ailleurs, bouillie de maïs et soupe de lentilles et légumes, avec une banane et un citron en guise de dessert. La nourriture, fournie par le PAM, est distribuée par une ONG locale à tous ceux qui se présentent, environ 7.000 personnes par jour. Il y a quelques mois, 10.000 repas étaient servis quotidiennement, note le responsable du centre pour lequel la situation, progressivement, s’améliore.
Quelques interviews plus tard, nous repartons, toujours dans nos blindés, vers le siège de l’ONU. A peine arrivés et débarrassés de nos gilets pare-balles, nous entendons une déflagration, de moyenne intensité mais proche, suivie d’une courte rafale de tirs.  Une grenade a été lancé dans l’enceinte voisine, où l’ONU fait construire de nouveaux locaux, nous informe-t-on. Pas de blessés. La routine quoi…
Après un court point-presse, nous réenfilons casques et gilets pare-balles pour nous diriger vers le quartier général de l’Amisom où nous attend le commandant. A bord de notre blindé un responsable de la sécurité, assis en face de moi, reçoit un message par talkie walkie: des personnes non autorisées sont montées dans un véhicule du convoi. Je commence à regarder autour de moi, un tantinet inquiète à l’idée d’un possible kamikaze parmi mes compagnons de route. Le convoi stoppe, les véhicules sont contrôlés et trois journalistes somaliens mis dehors… ouf !
Le QG de l’Amisom est à l’aéroport, quelques préfabriqués plantés entre les dunes. Le commandant en chef nous reçoit dans son bureau climatisé. Un exploit. D’ailleurs, dehors, le climatiseur sue à grosses gouttes. Impérial, il nous assure que Mogadiscio “est sécurisé à 98%”. “Les gens vont à la plage le vendredi, les femmes s’habillent comme elles le souhaitent”, bref la paix est revenue même s’il y a “des activités terroristes de temps en temps”.
Les journalistes laissent néanmoins poindre leurs doutes. “Et quand les soldats du gouvernement abandonnent leurs positions (faute d’avoir été payés pendant quatre mois) cela ne vous pose pas de problème ?” “Si, certainement, c’est un “challenge”, concède le commandant, mais il faut les comprendre, “si vous n’êtes pas payés, le moral baisse”.
Après cet échange quelque peu surréaliste, nous filons prendre notre avion. Remisant pour de bon et sans regrets nos gilets pare-balles, nous apprenons sur le tarmac qu’un attentat a eu lieu à quelques dizaines de mètres du centre de nutrition que nous avons visité, juste après notre départ. Bilan: six morts et onze blessés. Hasard ou tentative d’attentat à notre encontre ? Mystère. Mais jeudi, comme tous les jours sans doute depuis des années, des civils sont morts, assassinés, à Mogadiscio.

Source: http://mariewolfrom.wordpress.com/
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Les raisons du retour de l’Us Army en Afrique

APRES L’ECHEC EN SOMALIE IL Y A 18 ANS

NETTALI.NET - Ce n’est jamais sans intérêt que la puissante Amérique décide d’envoyer ses militaires sur un théâtre d’opérations extérieures, surtout dans le contexte actuel marqué par les stigmates au sein de l’opinion avec les guerres en Irak et en Afghanistan. Mais l’interventionnisme des puissances occidentales a repris droit de cité, surtout pour l’accès aux réserves pétrolières (Libye). Alors pourquoi l’Oncle Sam s’enfonce t-il en forêt équatoriele ?

Le président Barack Obama a annoncé avoir autorisé un petit nombre de soldats américains équipés pour le combat à se déployer en Afrique centrale pour aider les forces de la région oeuvrant à faire quitter le champ de bataille à Joseph Kony, le chef de l’Armée de résistance du seigneur.
Un premier groupe de conseillers américains est arrivé mercredi 12 octobre en Ouganda et d’autres suivront au cours du mois dans les pays voisins : RD Congo, Centrafrique et Soudan du Sud.
Il s’agit du plus important déploiement de troupes en Afrique annoncé par Washington depuis le sanglant fiasco de l’intervention en Somalie en 1993. La LRA, réputée l’une des guérillas les plus brutales du monde, a sévi à partir de 1988 dans le nord de l’Ouganda, mais ses combattants se sont installés depuis dans les pays voisins. L’administration américaine a tenu à préciser que "les soldats américains ne combattraient pas directement les rebelles". Mieux, "nos forces fourniront des renseignements, des conseils et une aide", a assuré M. Obama.
Ce n’est donc pas une opération à grande échelle, mais dans le langage diplomatique, le terme "équipés pour le combat" est lourd, comme l’équipement des forces spéciales. Face aux risques de déstabilisation d’une Afrique centrale qui sort difficilement de vingt ans de tensions, sans compter le soutien à apporter au Soudan du Sud, nouvellement indépendant et allié de Washington, la décision du président Obama se comprend. Ce n’est pas "Restore Hope", opération officiellement humanitaire qui a viré au désastre en Somalie, en 1993, mais un engagement autrement plus pragmatique. La contagion du LRA devait trouver remède, d’autant que les Etats les plus "fragiles" de la zone ne sont pas à l’abri du chaos.
Il y a eu, en 2011, le référendum du Sud-Soudan de janvier et les élections présidentielles en Ouganda de février. "Ces deux pays font, avec la RCA et la RDC, partie d’une problématique dévastatrice autour de la LRA", explique Kris Berwouts, le directeur d’EURAC, le réseau des Ong européennes pour l’Afrique centrale. La LRA, née dans le conflit et les déséquilibres en Ouganda, a pu se développer dans une zone qui s’étend dans les quatre pays.
La LRA n’est pas le seul trait d’union entre l’Afrique centrale et la Corne de l’Afrique (où en Somalie les Shebabs islamistes sèment la terreur), deux régions où des différends locaux et des conflits nationaux ont débordé des frontières nationales parce que les antagonismes locaux ont été polarisés et entremêlés à ceux des pays voisins. L’Ouganda et le Burundi participent à l’AMISOM...
La LRA est accusée de massacres de civils, de mutilations et d’enrôlements forcés d’enfants. En vingt ans, les combats entre la guérilla et les forces ougandaises ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts et 1,8 million de déplacés. Ces affrontements ont cessé en 2006, au lancement d’un processus de paix, mais la LRA est depuis demeurée active dans les pays voisins.
La semaine dernière, le responsable de la zone Afrique pour l’armée américaine, le général Carter Ham, a affirmé que Kony, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, se trouvait probablement en Centrafrique.


Somalie: attentat suicide contre une base de l'armée éthiopienne

Source:  AFP
Vue d'une mosquée dans Mogadiscio, le 23 janvier 2012 (AFP, Stuart Price)


MOGADISCIO — Un insurgé islamiste somalien a perpétré un attentat suicide mardi contre une base de l'armée éthiopienne à Beledweyne, dans le centre de la Somalie, ont déclaré des responsables et insurgés.
Les rebelles shebab ont revendiqué l'attentat, assurant dans un communiqué que 33 soldats éthiopiens avaient été tués. Ce bilan ne pouvait être confirmé immédiatement de source indépendante.
"Une grosse explosion a complètement secoué la ville, cela s'est produit sur la base où sont stationnées les forces éthiopiennes et les premiers renseignements indiquent qu'il s'agit d'une attaque suicide", a déclaré de son côté à l'AFP Mohamed Osman, un responsable local de la sécurité.
L'assaillant "a été tué par les gardes de la sécurité avant qu'il n'atteigne la porte et il a fait sauter le véhicule", a poursuivi Mohamed Osman, indiquant qu'une enquête était en cours sur cette attaque menée contre l'armée éthiopienne, installée dans la ville de Beledeweyne depuis début janvier.
"Un des combattants moudjahidine a mené une mission suicide et a détruit la plus grande base de soldats chrétiens venant d'Ethiopie", a affirmé pour sa part un commandant shebab, demandant à ne pas être nommé.
Selon des témoins, le kamikaze était au volant d'un minibus rempli d'explosifs.
"C'était une très forte explosion qui a secoué les bâtiments dans la plus grande partie de la ville. J'ai vu des flammes et de la fumée dans le ciel mais personne ne peut s'approcher de la zone maintenant car les troupes éthiopiennes ont bloqué la zone", a indiqué Abdulkadir Isak, un habitant.
L'armée éthiopienne a lancé une offensive dans l'ouest du pays en novembre et a délogé les rebelles shebab de Beledweyne, une ville située à une trentaine de kilomètres de la frontière avec l'Ethiopie et au carrefour de voies stratégiques.
Les islamistes, qui se revendiquent d'Al-Qaïda et ont juré la perte du fragile gouvernement de transition soutenu par la communauté internationale, contrôlent toujours de grandes parties du sud et du centre de la Somalie mais font face à une pression militaire accrue depuis l'entrée des troupes kényanes au sud en octobre, puis éthiopiennes à l'ouest.
Ces soldats s'ajoutent aux quelque 10.000 hommes de la force de l'Union africaine installés à Mogadiscio en soutien aux troupes du gouvernement de transition.
L'attaque de mardi "fait partie d'une nouvelle stratégie adoptée par les moudjahidine en réponse aux ennemis de plus en plus hostiles qui ont envahi la Somalie", indique le communiqué des shebab. "Le simple retrait d'une ville n'empêche pas forcément les moudjahidine de coordonner et de mener des actions de grande ampleur", ajoute le document.
La Somalie est sans gouvernement effectif et en état de guerre civile depuis 20 ans.

SOMLALIA : government troops launched an offensive against Islamist insurgents in the Somali capital



A Ugandan soldier serving with the African Union Mission in Somalia (AMISOM) crouches down during an advance with troops from the Somali National Army (SNA) to capture Mogadishu University in insurgent Al Shabaab territory in Mogadishu, in this handout photograph released by the United Nations-African Union Information Support Team to ******* January 20, 2012. African Union (AU) and government troops launched an offensive against Islamist insurgents in the Somali capital on Friday, seizing rebel bases beyond the city's limits for the first time, the AU force said.

Ugandan soldiers serving with the African Union Mission in Somalia (AMISOM) rest after an advance with the Somali National Army (SNA) to capture Mogadishu University in insurgent Al Shabaab territory in Mogadishu, in this handout photograph released by the United Nations-African Union Information Support Team to ******* January 20, 2012.


A Somali National Army (SNA) soldier points at an African Union Mission in Somalia (AMISOM) armoured personnel carrier during an advance into insurgent Al Shabaab territory in Mogadishu, in this handout photograph released by the United Nations-African Union Information Support Team to ******* January 20, 2012


Ugandan soldiers serving with the African Union Mission in Somalia (AMISOM) load defensive barriers onto a tank after an advance with the Somali National Army (SNA) to capture Mogadishu University in insurgent Al Shabaab territory in Mogadishu, in this handout photograph released by the United Nations-African Union Information Support Team to ******* January 20, 2012.


An African Union Mission in Somalia (AMISOM) armoured personnel carrier is seen through a rifle hole of another during a firefight after an advance with the Somali National Army (SNA) to capture Mogadishu University in insurgent Al Shabaab territory in Mogadishu, in this handout photograph released by the United Nations-African Union Information Support Team to ******* January 20, 2012.


A Ugandan soldier, serving with the African Union Mission in Somalia (AMISOM), and troops from the Somali National Army (SNA) stand with their weapons in an open ground outside Mogadishu University after an advance into insurgent Al Shabaab territory in Mogadishu, in this handout photograph released by the United Nations-African Union Information Support Team to ******* January 20, 2012.


A Ugandan soldier serving with the African Union Mission in Somalia (AMISOM) stands as a tank passes following an advance with the Somali National Army (SNA) to capture Mogadishu University in insurgent Al Shabaab territory, in this handout photo taken by the United Nations-African Union Information Support Team and released to ******* January 20, 2012.

Source: www.MP.net

Deux soldats kényans tués dans des affrontements avec les shebab

La police kényane sur la scène d'une attaque à la grenade liée selon la police aux milices Shebab (AFP/Archives, Simon Maina)


NAIROBI — L'armée kényane, engagée depuis octobre dans la poursuite des insurgés islamistes shebab dans le sud de la Somalie, a affirmé lundi avoir perdu deux hommes dans un affrontement avec les rebelles.
Un membre des forces du gouvernement de transition somalien (TFG), aux côtés desquelles le Kenya intervient, a aussi été tué, a poursuivi le porte-parole de l'armée kényane Emmanuel Chirchir.
L'armée kényane dit avoir attaqué dimanche soir, avec les forces gouvernementales somaliennes, des positions shebab dans les localités somaliennes de Delbio et Hosingo, à une trentaine de kilomètres de la frontière.
Selon commandant Chirchir, les shebab auraient de leur côté perdu 11 combattants avant de battre en retraite.
Le bilan ne pouvait pas être confirmé de source indépendante. Les rebelles rejettent constamment les pertes que l'armée kényane dit leur infliger.
Nairobi a lancé mi-octobre ses troupes dans le sud de la Somalie pour en déloger les shebab qu'elle juge responsables d'une série d'attaques et d'enlèvements sur le sol kényan.
Les insurgés contrôlent de grandes parties du sud et du centre de la Somalie mais font face à une pression militaire accrue.
En plus de l'offensive kényane, ils doivent aussi affronter une incursion de troupes éthiopiennes dans l'ouest du pays.
Dans la capitale Mogadiscio, les shebab mènent, depuis leur retrait de positions clé en août, des attaques de types guérilla contre les soldats du TFG et la force de l'Union africaine (Amisom) qui soutient les autorités de transition.
Samedi, les insurgés ont affirmé avoir perdu un combattant étranger, selon eux un Britannique d'origine libanaise, tué dans un bombardement de drone.
Depuis, des centaines de personnes ont fui le corridor d'Afgoye, proche de la capitale, de peur d'êtes eux-mêmes victimes de bombardements, selon un responsable somalien et des témoins. La ville d'Afgoye abrite des milliers de déplacés, qui ont notamment fui les combats dans la capitale somalienne ces dernières années.
"Les gens rentrent à Mogadiscio pour des questions de sécurité, plus de deux ans après avoir déserté leurs maison," a affirmé Mohamed Hassan, un responsable des questions de sécurité pour le gouvernement somalien. "C'est sûr maintenant (à Mogadiscio) et ils ont maintenant peur d'être victimes de lourds bombardements," a-t-il ajouté.
"Les gens du corridor d'Afgoye ont peur des bombardements aériens, il y a de nombreux commandants shebab ici et ils risquent d'être visés, donc des centaines de personnes ont décidé de retourner à Mogadiscio," a renchéri Sakariye Osmail, l'un des déplacés.
Les violences incessantes ont aggravé en Somalie les conséquences de la récente sécheresse dans la Corne de l'Afrique : selon les Nations unies, la famine frappe encore trois provinces du sud somalien, et quelque 250.000 personnes.