Pages

Reprise en main en vue pour les Djiboutiens de l'AMISOM visiblement à la peine

10/04/2012

djib.jpg

Lu sur le site lavoixdedjibouti.com:

"Dans notre édition du 25 mars 2012, nous avons fait état (au conditionnel) de la mort de six soldats djiboutiens à Mogadiscio parmi les militaires du contingent envoyé là-bas par le dictateur Guelleh au titre de l’Amisom (African Mission in Somalia). Nous sommes aujourd’hui en mesure de confirmer la mort de l’adjudant Hassan Houssein Ahmed. Le corps du sous-officier, dont le régime tait les circonstances du décès, a été rapatrié à Djibouti-ville. Il a été enterré le 14 mars 2012 au cimetière du PK, tombe n°1699. Le défunt laisse une épouse et huit enfants. Sa famille, tenue dans l’ignorance de la cause de sa mort, demande la vérité."

Effectivement, la rumeur de pertes au sein de la première vague de soldats djiboutiens en Somalie a circulé avec insistance. Morts accidentelles ou pertes au combat: les scénarios divergent. C'est en tout cas la première fois que l'identité précise d'une victime est communiquée.

Les rumeurs concernant le bataillon Hiil sont nombreuses. Comme celle de l'arrestation, par l'Amisom, d'un de ses officiers qui aurait vendu des armes aux miliciens islamistes. 

Et mes confrères djiboutiens de poursuivre:


"Par ailleurs, les conditions de stationnement des militaires djiboutiens à Mogadiscio sont difficiles, avec des problèmes de paye et de chaîne de commandement".


Là, il ne s'agit plus de rumeur. Le moral de l'unité déployée en décembre est bas et, surtout, sa formation insuffisante. D'où ses prestations jugées inacceptables.

Tant et si bien que l'on murmure que les soldats djiboutiens pourraient reprendre le chemin de Djibouti pour une reprise en main. Et un complément de formation, avant qu'ils soient en mesure de prendre part à la grande offensive annoncée par le général Nyakairima, de l'Amisom. La phase 4 prévoit que les Djiboutiens (au complet cette fois), aidés par les troupes gouvernementales somaliennes, prennent le contrôle de la région de Hiran (centre). C'est prévu pour août prochain...



Somalia bombing kills 11

MOGADISHU — A bomb blast in a market in the strategic Somali town of Baidoa on Monday killed at least 11 people and wounded many more in the latest in a string of attacks in the war-torn nation, an official said.


The Somali capital was hit by a suicide bomber on April 4 (AFP, Abdurashid Abikar)


"At least 11 people -- most of them women and children -- were killed by a bomb placed in a busy market," said lawmaker Mohamed Ibrahim Habsade.

The attack was the worst in Baidoa since the town was wrested from Al-Qaeda allied Shebab insurgents by Ethiopian-backed Somali forces in February.

"Many more were injured in the explosion, which was biggest since we took control of the town," Habsade said.

Witnesses said the bomb was detonated after Somali government troops entered the market, but that the majority of those killed were civilians.

"This was a disaster," said Adan Hassan, a witness. "I saw several dead bodies of at least nine civilians, most of them women -- the explosion occurred as people were shopping."

"Around 35 people were injured, some of the seriously," said Abdirahman Waney, another witness.

Baidoa, located 250 kilometres (155 miles) northwest of Mogadishu, was the seat of Somalia's transitional parliament until the hardline Shebab captured it three years ago.

African Union troops deployed in the town last week, the first time the force has dispatched troops outside the capital Mogadishu since the 10,000-strong force was set up five years ago.

The AU Mission in Somalia (AMISOM) sent 100 Burundian and Ugandan soldiers to Baidoa following Ethiopia's capture of the town from the hardline Shebab.

No group immediately claimed responsibility for Monday's bombing, but the Shebab have launched a series of recent guerrilla attacks and vowed to topple the Western-backed government.

Last week, six people including two top Somali sports officials were killed in an attack on the newly reopened national theatre in Mogadishu by a female suicide bomber, narrowly missing the prime minister and seven other ministers.

A broad offensive by Ethiopian and Kenyan forces in southern and western Somalia has forced the rebels from many of their strongholds, while AU troops in Mogadishu have advanced on to the outskirts of the city.

Despite the losses, the Shebab -- Somalia's most brutal militia -- remain a serious threat to internationally backed efforts to restore stability in the Horn of African country plagued by a devastating civil war since 1991.

The absence of an effective government in Somalia since it plunged into a civil war two decades ago has allowed armed groups, pirate gangs and extremist militia to carve up the country into mini fiefdoms.

Although the Shebab have lost ground recently, analysts warn that they still remain a serious threat to efforts to restore stability in Somalia.

Since abandoning fixed positions in Mogadishu in August, the Shebab have been chased out of most of their strongholds, with the notable exception of the southern port of Kismayo, switching instead to guerrilla attacks.

Navy's Robot Helicopters Are Getting New Onboard Brains That Will Help Them Fight Somali Pirates

By Clay Dillow Posted 04.09.2012

Fire Scout, Now Hunting Pirates U.S. Navy
 

It’s tough being a pirate these days. Facing off with Navy SEALs and missile cruisers on their home turf of the high seas is tough enough for small-arms wielding pirates in diminutive watercraft. Now, the Navy is bringing in the robots. The Office of Naval Research has plans to imbue its Fire Scout unmanned, ship-launched helicopters with electronic brains capable of identifying the small boats generally used by pirates.

Computer vision of this kind is generally pretty difficult, as object recognition is a really tough computational task. But the pirate-hunting Fire Scout will have an additional piece of technology on its side: LIDAR . This “laser radar” technology bounces laser pulses off of surrounding objects to quickly and accurately render a 3-D image of its environment, even at a distance.

These Fire Scouts will be equipped with a database of watercraft profiles for boats commonly used by pirates in places like the Horn of Africa, where Somali pirates have been increasingly brazen in their attacks on commercial ships. After creating a LIDAR rendering of a boat on the water below, the Fire Scouts will quickly cross reference the parameters of its 3-D image against those in its database. If it determines that the boat in question is a potential piracy threat, it will notify its human operators.

That means Fire Scouts could be deployed in heavily trafficked waters and autonomously keep a lookout for anything suspicious. And, as we’ve seen the Fire Scout weaponized before, it could presumably even be used to interdict if the need arose. That’s not really the purview of the current ONR initiative, but we’ll go ahead and say it since that’s what everyone’s thinking. First tests will take place off the California coast this summer.


Somalie: l'impossible coopération régionale

Depuis l'entrée des troupes kényanes en Somalie en octobre, les pays de la Corne de l'Afrique se mobilisent pour mettre un terme au règne des shebabs. Mais les Etats peinent à travailler ensemble.

Des soldats ougandais de l'Amison dans le district de Mogadiscio, en Somalie, le 6 février 2012.
REUTERS/Handout .


Depuis maintenant quatre mois, l'attention des pays de la Corne de l'Afrique se porte sur la Somalie. Les réunions se multiplient à Addis-Abeba pour l'Union africaine et l'Igad, l'Autorité intergouvernementale pour le développement, qui regroupe sept pays de la Corne: l'Ethiopie, la Somalie, Djibouti, le Soudan, l'Ouganda, le Kenya et le jeune Soudan du Sud.

Tous s'accordent à le dire: il est temps d'en finir avec les shebabs. Depuis plus de 20 ans la Somalie est en proie à une guerre civile qui déstabilise toute la région. Le mouvement islamiste contrôle maintenant le Sud du pays.

Et l'Ethiopie et le Kenya en font les frais. Ils doivent notamment faire face à un afflux de réfugiés de plus en plus conséquent. Ils sont maintenant plus de 160.000 dans les camps éthiopiens de Dolo Ado. Quant à Dadaab, le camp kényan, il atteint des dimensions gargantuesques avec plus de 400.000 personnes qui y résident.

Lors d'un conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine sur la question début novembre, El Ghassim Wane, directeur du département paix et sécurité, le rappelait:
«L'opération militaire kényane est une opportunité exceptionnelle d'en finir avec le mouvement islamiste. Il faut maintenant intensifier les efforts de la part des pays voisins pour en finir avec al-shabaab

Mais c'est là que le bât blesse. Tout le monde veut en finir, mais personne ne s'accorde sur les modalités pour mettre un terme au conflit somalien.

Amisom, régionalisation et confusion


Depuis la mi-octobre, l'armée kényane est en Somalie. Son objectif est de créer une zone tampon à la frontière afin de mettre un terme aux nombreuses incursions des shebabs au Kenya, qui ont multiplié attentats et enlèvements en septembre. L'opération «Linda Nchi» a surpris tout le monde car elle a été décidée unilatéralement par le Kenya, sans concertation avec les pays voisins. L'Union africaine et l'Igad n'avaient plus qu'à acter la chose.

Les deux institutions, malgré leur réunionite aigüe sont pour l'heure témoins d'une régionalisation du conflit qui se fait à leur barbe. Après les Kenyans, ce sont les troupes éthiopiennes qui ont traversé la frontière somalienne mi-décembre. Malgré des témoignages sur le terrain, les autorités éthiopiennes ont choisi de garder leur opération secrète pendant une dizaine de jours.

C'est finalement à l'issue d'une réunion de l'Igad qui appelait encore l'Ethiopie «à prêter main forte à l'Amisom, la mission militaire de maintien de la paix de l'Union africaine en Somalie», qu'un haut responsable éthiopien a reconnu «une petite incursion de quelques semaines afin d'assister les forces kényanes».

Cela fait des semaines que l'Union africaine et l'Igad appellent au renforcement de l'Amisom. Seul Djibouti avait jusqu'alors répondu favorablement. Près de 850 soldats djiboutiens devraient venir soutenir les 9.700 ougandais et burundais de l'Amisom, d'ici à la fin de l'année.

L'Amisom, à contre-coeur


Embourbés depuis un mois à cause des pluies, à quelques kilomètres de Kismayu, un port somalien stratégique pour les shebabs, les Kényans ont finalement accepté de se déployer sous la bannière de l'Amisom. Il fallait donc cela pour que plus d'un mois après son offensive militaire, le Kenya lance une offensive diplomatique et demande non seulement le soutien de ses voisins mais aussi celui des Nations Unies.

Il en va de la santé financière de cet Etat, en pleine année électorale (les présidentielles doivent se tenir en 2012)... Le Kenya dépenserait environ 200 millions de schillings par mois (environ 1.700.000 euros) dans cette guerre, alors qu'il accuse un déficit record de 236 milliards de schillings (soit 2 milliards d'euros).

Le pays n'a plus vraiment les moyens de faire cavalier seul en territoire somalien. Entrer dans le contingent de l'Amisom permettrait au Kenya de bénéficier des fonds que les Etats-Unis, la Chine et l'Union européenne fournissent à l'opération de maintien de la paix.

Quant à l'Ethiopie, elle n'a guère d'autre choix après le fiasco de sa dernière incursion somalienne en 2006. Soutenue par les Etats-Unis, elle s'était lancée dans une campagne militaire pour déloger alors les tribunaux islamiques. Elle en était repartie bredouille en 2009, après s'être elle-même enlisée suite aux pluies et avoir créé un terrain favorable à l'émergence du mouvement shebab.

L'opération militaire éthiopienne avait été très mal vécue par les populations somaliennes qui l'avaient perçue comme une croisade des chrétiens en territoire musulman. Quelques années plus tard, les shebabs jouent la même carte pour exalter leurs partisans.

«Le chemin que vous prenez aujourd'hui est le même que celui qui vous a amené hier à goûter à la mort, à la douleur des balles et aux souffrances de la guerre», ont-ils averti dans un communiqué peu après l'incursion éthiopienne.

«Vous avez depuis longtemps l'ambition de prendre le contrôle de la Somalie, mais nous vous disons que la société musulmane n'acceptera jamais de vivre sous la colonisation. Tant qu'il y aura encore un soldat chrétien en Somalie, nous n'arrêterons jamais de lutter».

Se déployer sous la bannière de l'Amisom reste donc l'unique solution de l'Ethiopie pour atténuer le sentiment d'agression somalien et éviter de réitérer les erreurs du passé. D'ici la fin de l'année, l'Union africaine a promis que les forces de l'Amisom s'étofferont pour atteindre les 12.000 soldats.

Gaëlle Laleix

Source : http://www.slateafrique.com/82353/difficile-regionalisation-du-conflit-somalien

Somalie : Premiers soldats de la force de l'UA déployés hors de Mogadiscio

Jeudi 05 avril 2012

MOGADISCIO (© 2012 AFP) - La force de l'Union africaine (UA) en Somalie (Amisom), qui intervient en soutien des fragiles autorités de transition du pays contre les insurgés islamistes shebab, a annoncé avoir déployé jeudi un premier groupe d'hommes hors de la capitale Mogadiscio.

Des soldats de l'Amisom chargent un tank dans un quartier de Mogadiscio, en Somalie, le 30 mars 2012.
© AFP/ARCHIVES MOHAMED ABDIWAHAB .

"Aujourd'hui, les premiers soldats de la force de l'Amisom à Mogadiscio ont été déployés à Baïdoa", ville du sud somalien récemment prise aux shebab par l'armée éthiopienne, affirme un communiqué de l'Amisom.
"Ce sont les premiers hommes envoyés dans un grand centre urbain à l'extérieur de la capitale depuis que la mission de l'Union africaine a été déployée en Somalie en 2007", selon le texte.
Jeudi, l'Amisom a envoyé, aux côtés des troupes éthiopiennes, 100 soldats (50 Burundais et 50 Ougandais) dans cet ex-bastion des rebelles islamistes, troisième plus importante ville de Somalie.
Ils serviront d'"éléments précurseurs" avant l'envoi, en plusieurs phases, de 2.500 hommes supplémentaires, l'Amisom cherchant à étendre ses opérations hors de Mogadiscio.

L'idée, pour la force de l'UA, est, selon le communiqué, de "soulager" les troupes éthiopiennes dans l'ouest du pays et de "graduellement affirmer le contrôle, en soutien du gouvernement somalien, à travers tout le centre-sud de la Somalie".

Le commandant en second de l'Amisom, le général Audace Nduwumunsi, a estimé que cette étape était "majeure pour la mission de l'Union africaine et quiconque veut voir la paix en Somalie".

"Ce déploiement est la pointe acérée de la lance qui va s'enfoncer au coeur des territoires contrôlés par les extrémistes soutenus par Al-Qaïda," a-t-il poursuivi, estimant que l'Amisom était désormais "capable d'aider le gouvernement somalien à apporter la paix et la stabilité dans des zones du pays éloignées de la capitale".

"Ensemble, avec l'armée somalienne, nous mettons en échec les violents extrémistes," a affirmé le général. "Ils perdent du terrain et perdent des amis à travers toute la Somalie," a-t-il estimé.

L'Amisom, stationnée à Mogadiscio, a largement contribué en août dernier au départ des shebab de la capitale.

Les insurgés, récemment intégrés à Al-Qaïda et qui continuent à perpétrer des attaques de type guérilla à Mogadiscio, contrôlent encore largement le centre et le sud somaliens. Mais ils font là aussi l'objet d'une pression accrue, celle de troupes éthiopiennes et kényanes entrées l'an dernier dans le pays.

Les soldats kényans ont récemment été intégrés à l'Amisom, jusque là composée de quelque 10.000 hommes, essentiellement des Burundais et des Ougandais.

La force de l'UA a été autorisée en février, par le Conseil de sécurité de l'ONU, à porter son contingent à un maximum de 17.731 hommes, contre un précédent plafond de 12.000 soldats, pour lui permettre de combattre plus efficacement les shebab.


Somalie: le bilan de l'attentat au Théâtre national de Mogadiscio passe à 6 morts

08/04/2012 à 12h:23 | AFP

Somalie: le bilan de l'attentat au Théâtre national de Mogadiscio passe à 6 morts
Somalie: le bilan de l'attentat au Théâtre national de Mogadiscio passe à 6 morts© AFP

 
 
Le bilan de l'attentat qui a visé cette semaine une cérémonie officielle au Théâtre national de Mogadiscio à laquelle participait le gotha du gouvernement somalien est désormais de six morts, a indiqué dimanche le ministre somalien de la Santé à l'AFP.

Le chiffre donné par le ministre, Abdulaziz Cheikh Yusuf, n'inclut pas la kamikaze, une jeune femme. Un précédent bilan, recueilli auprès de témoins sur place et d'officiels, faisait état de quatre morts.

"Je compatis avec les familles des personnes tuées dans l'attaque, mon ministère est aussi extrêmement préoccupé par les autres blessés," a assuré le ministre.

Parmi les six victimes de l'attentat, perpétré mercredi, figurent deux des plus importants responsables sportifs du pays, le président du comité olympique somalien, Aden Yabarow Wiish, et le président de la fédération somalienne de football, Said Mohamed Nur.

Les islamistes shebab, un mouvement récemment intégré à Al-Qaïda et en lutte depuis des années contre le fragile gouvernement de transition somalien, ont revendiqué l'attaque, tout en niant qu'elle ait été menée par une kamikaze. Ils assurent avoir fait détoner une bombe placée dans le Théâtre avant la cérémonie.

L'explosion est survenue alors que le Premier ministre somalien, Abdiweli Mohamed Ali, venait de prendre la parole. Le Théâtre national avait été rouvert le mois dernier, après avoir été fermé 20 ans en raison de la guerre civile dans le pays.

Les shebab font l'objet, depuis plusieurs mois, d'une pression militaire accrue à travers le centre et le sud du pays.

Sous la pression de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) et des forces gouvernementales, ils ont été contraints de quitter leurs principales bases à Mogadiscio en août. Ils ont depuis perdu d'autres bastions dans le sud et le centre de la Somalie, à l'exception notable du port de Kismayo, face à l'avancée des soldats envoyés fin 2011 par le Kenya et l'Ethiopie.

Mais les insurgés continuent de mener des attentats à Mogadiscio, et ont lancé plusieurs contre-offensives dans le sud et le centre du pays.


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Somalie: le bilan de l'attentat au Théâtre national de Mogadiscio passe à 6 morts | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

Attentat à Mogadiscio : les chebab accusés

Le Monde.fr |

"L'attentat contre moi et d'autres responsables gouvernementaux était la dernière ruade d'un cheval à l'agonie", affirme Abdiweli Mohamed Ali.

L'attentat contre moi et d'autres responsables gouvernementaux était la dernière ruade d'un cheval à l'agonie", affirme Abdiweli Mohamed Ali. | AFP/MUSTAFA ABDI


Le premier ministre somalien pense qu'il a été la cible d'un attentat à Mogadiscio mercredi 4 avril. "L'attentat contre moi et d'autres responsables gouvernementaux était la dernière ruade d'un cheval à l'agonie", affirme Abdiweli Mohamed Ali dans un entretien à l'Agence France-Presse.

Quatre personnes, dont deux des plus importants responsables sportifs du pays, ont été tués mercredi dans un attentat-suicide, dans lequel a également été tuée la kamikaze, une jeune femme, selon des témoins sur place et des sources officielles.

Les islamistes chebab, en lutte depuis des années contre le fragile gouvernement de transition somalien soutenu par la communauté internationale, ont revendiqué l'attaque et assuré qu'ils avaient placé une bombe dans le Théâtre national de Mogadiscio. L'explosion est survenue alors que le premier ministre venait de prendre la parole dans cette salle fermée pendant vingt ans en raison de la guerre civile dans le pays, rouverte le mois dernier.

M. Ali a assuré qu'il "ne se laisserai[t] pas intimider" et que "dans quelques mois les islamistes seraient chassés du pays". "Les chebab sont à l'agonie, ils perdent la plupart de leurs bastions et ils sont affaiblis tant moralement que militairement", estime le premier ministre. "L'acte terroriste lâche dans lequel une jeune fille somalienne a été utilisée mercredi illustre l'état de dépression de cette organisation", ajoute M. Ali.

Militaires en faction devant le Théâtre national de Somalie, à Mogadiscio, le 5 avril 2012.
Militaires en faction devant le Théâtre national de Somalie, à Mogadiscio, le 5 avril 2012. | REUTERS/FEISAL OMAR

 


Sous la pression d'une force de l'Union africaine, l'Amisom, les chebab ont été contraints l'an dernier d'abandonner Mogadiscio. Face à l'avancée des soldats envoyés à la fin de 2011 par le Kenya et l'Ethiopie, ils ont perdu la plupart de leurs bastions dans le sud et dans le centre de la Somalie, à l'exception notable du port de Kismayo. Ils ont cependant mené une série d'attentats à Mogadiscio et plusieurs contre-offensives dans le sud et dans le centre du pays.

Sur la politique intérieure, M. Ali est resté évasif quant à son éventuelle intention de briguer la présidence du pays à l'expiration des actuelles institutions de transition, prévue le 20 août. "Nous devons avant tout assurer le bien-être de la Somalie, et toute ambition personnelle doit rester secondaire. Je peux prétendre à n'importe quel poste, c'est Dieu qui décidera en dernier ressort", a-t-il commenté. Mais l'entourage du premier ministre, un Somalien issu de la diaspora américaine, a laissé entendre que ce dernier comptait briguer la présidence, alors que le chef de l'Etat actuel, Sharif Cheikh Ahmed, issu du mouvement islamiste, devrait être candidat à sa succession.

Somalie: un journaliste de 22 ans abattu

AFP Publié

Dernières nouvelles de la piraterie (8 avril)

avr 8, 2012

(BRUXELLES2)

Un cargo chinois libéré par la marine iranienne
Un cargo chinois, battant pavillon panaméen, le Xianghuamen, a été capturé vendredi (6 avril), au petit matin, à proximité des côtes iraniennes (à 13 miles environ), près du port de Chabahar (à 25° Nord et 57° Est). Le capitaine a donné l’alerte. Et les 28 hommes d’équipage (tous chinois) se sont réfugiés dans la « citadelle » du navire. Mais les pirates ont réussi à prendre en otage certains marins. Malgré une demande expresse du capitaine à la marine iranienne de ne rien tenter par la force, celle-ci a lancé l’assaut, sur la demande de Pékin apparemment. Plusieurs échanges de tirs ont eu lieu entre les militaires et les pirates. Les 28 marins ont été libérés et 9 pirates arrêtés. Le ministre chinois des Affaires étrangères a adressé dimanche (8 avril), un télégramme de félicitations à son homologue iranien le remerciant pour son intervention et expliquant qu’une coopération plus importante entre les deux pays pourraient se développer pour lutter contre la piraterie.
17 suspects libérés par la marine danoise
La frégate danoise Absalon a relâché, jeudi (5 avril), sur la plage somalienne, 17 pirates présumés. Ils avaient été arrêtés, le 27 février dernier, lorsque l’Absalon avait libéré un bateau de pêche utilisé comme bateau-mère par les pirates, ainsi que 16 marins pakistanais et iraniens (2 otages avaient été tués lors de cette action). Les autorités danoises, « sur la base des preuves recueillies, ont étudié toutes les possibilités de remettre les pirates présumés en vue de poursuites dans n’importe quel pays dans la région » indique le commandement danois des opérations dans un communiqué. Mais cela n’a pas été possible. D’où la libération plus d’un mois après la capture. Les marins libérés – et les corps des défunts – avaient été remis à leurs autorités nationales respectives lors d’une escale au Kenya le 15 mars. Lire également : Un bateau mère libéré, deux marins iranien et pakistanais tués

(crédit : ministère français de la Défense / DICOD)
Un Awacs français et un Atlantique2 sur zone
Un avion Atlantique 2 a relevé, le 2 avril, le Falcon 50 de la marine nationale basé à Djibouti dans le cadre de l’opération européenne de lutte anti-piraterie Eunavfor Atalanta. Au cours de son déploiement, l’Atlantique 2 de la flottille 23 F effectuera « des vols réguliers d’une dizaine heures au dessus du Golfe d’Aden et de l’océan Indien », précise l’armée. « Les images et données recueillies par les différents senseurs de l’aéronef et sa douzaine de membres d’équipage (seront) exploitées par des spécialistes du renseignement, en particulier à bord du navire amiral de la Task Force 465, et permettent de mieux coordonner l’action des bâtiments de surface et de leurs hélicoptères embarqués. »
Un Awacs 3EF de l’armée de l’air est déjà engagé sur place permettant une meilleure couverture de toute la zone. C’est un officier supérieur français qui a pris le commandement d’Eunavfor. Lire également : Un Français aux commandes de l’opération Atalanta sur zone (Maj)
Renforts pour l’opération Eunavfor Atalanta
Deux navires – un Néerlandais (la frégate multirôle HNLMS Van Amstel) et un espagnol (la frégate ESPS Reina Sofia sont arrivés dans l’Océan indien et le Golfe d’Aden pour renforcer la mission européenne anti-piraterie Eunavfor Atalanta. Tous les deux disposent d’hélicoptères embarqués qui permettent ainsi d’augmenter le rayon d’action des navires. Eunavfor « dispose désormais d’une dizaine de navires prêts à faire face à une recrudescence attendue de la piraterie après la fin de la saison des moussons » précise le QG d’Atalanta.
La marine iranienne libère un cargo par la force
Le MV Eglantine, un cargo iranien battant pavillon bolivien, transportant du sucre du Brésil vers l’Iran, avait été capturé dans l’Océan indien par les pirates le 26 mars. Il a fallu 48 heures de « feu intensif » selon l’agence officielle Fars pour venir à bout des assaillants début avril. 13 pirates ont été arrêtés.
Le Enrica Lexie, maintenu en saisie
La Haute Cour de Kerala s’est opposée, début avril, à la levée de la saisie frappant le navire italien Enrica Lexie retenu en Inde. Selon le tribunal indien, la demande de levée de la saisie aurait dû être adressée d’abord au tribunal local de Kollam – qui avait pris la première décision de saisie – et ensuite à la Haute Cour. Outre les deux fusiliers marins italiens incarcérés, le commandant du navire, U. Vittelli, et les 4 autres fusiliers marins sont entendus comme témoins par la justice indienne pour la mort de pêcheurs. Les expertises balistiques n’ont pour l’instant rien donné. Mais les policiers indiens soupçonnent les Italiens d’avoir fait disparaître l’arme qui a tué les pêcheurs. Lire également :
Décrue de la piraterie au 1er trimestre 2012. Un Thaïlandais à la tête de la CTF 151
C’est un contre-amiral thaïlandais Tanin Likitawong qui a pris le commandement fin mars de la CTF 151 – la force anti-piraterie initiée par la marine US – relevant le Commodore de la marine danoise Aage Buur Jensen, Royal Danish Navy, à bord de l’USS Halsey (DDG 97). A l’occasion de cette passation de commandement, le commodore Jensen a souligné combien la « coordination entre toutes les forces de l’Union européenne, de l’OTAN et d’autres déploiements était importante » pour combattre la piraterie. Cet « exemple remarquable de coopération internationale montre la volonté de faire de leur mieux pour atteindre l’objectif commun de vaincre la piraterie ».

Selon le bilan qu’il a dressé, la CTF 151 a déjoué 4 groupes d’action pirates et conduit plusieurs missions d’observation de la piraterie dans le nord de la Corne de l’Afrique et le sud de la côte somalienne. La piraterie a nettement décru au premier trimestre 2012. Tant le nombre d’attaques et que le nombre de prises ont nettement diminué : le nombre d’attaques est passé de 41 à 11 tandis que le nombre de captures passait de 13 à 4.

Source : http://www.bruxelles2.eu/piraterie-maritime/dernieres-nouvelles-de-la-piraterie-8-avril.html

Col. Beary (EUTM Somalia) : former les Somaliens, un bon investissement !

avr 9, 2012




(BRUXELLES2) La troisième session de formation des soldats somaliens en Ouganda par les forces européennes (EUTM Somalia) est en passe de se terminer. La cérémonie de remise des diplômes a lieu le 10 mai prochain. Quelques semaines avant cette nouvelle étape, B2 a pu – avec un confrère de l’Agence europe – rencontrer le commandant de l’opération.
Venu de l’infanterie irlandaise, ancien directeur de la formation de l’armée, le colonel Beary dirige depuis presque un an cette mission assez originale dans le panorama européen : puisqu’il s’agit de former, concrètement, les troupes et encadrement d’une armée partant au combat.
On pourrait être étonné de voir un gradé d’un pays aussi attaché à la neutralité que l’Irlande diriger une telle opération. Mais ce serait oublier que « l’Irlande a toujours été très impliquée dans les opérations de gestions de crise ou de maintien de la paix ». Et si l’armée n’occupe qu’un faible pourcentage du PIB, l’Irlande se situe dans le top 3 des forces déployées à l’extérieur : 20% des soldats servent en outre-mer. » 7 soldats servent ainsi en Ouganda, bientôt 10 avec un renfort d’une composante CIS. Pour lui cette mission est l’exemple même d’une « mission peu couteuse – maximum 125 personnes (*) avec un budget de 4,8 millions d’euros, pour un bon « return ». Autrement dit, « c’est un bon investissement », explique-t-il

La formation des formateurs a commencé
Le principe de la mission reste le même auquel B2 avait assisté à son commencement. Les forces ougandaises forment les recrues (environ 350 lors de cette 3e session), les Européens forment les noyaux plus spécialisés des compagnies (médical, anti-IED, communications…), les sous-officiers et officiers (environ 250 en tout, à la 3e session). Dernière évolution, la formation de formateurs de l’armée. « Nous avons commencé à former des formateurs lors de la précédente session. Nous en formons 66 actuellement. On s’adapte tout le temps avec l’expérience. »

La question de la langue ?
Pour cela, les Européens sont assistés d’interprètes kenyans qui parlent le Somali. « La plupart des soldats ne parlent que le somali, très peu l’anglais ou l’italien. Et nombre d’entre eux sont analphabètes. » La question de la langue « est un véritable défi. Plusieurs formateurs européens apprennent des rudiments de somali. Ils peuvent ainsi communiquer à un niveau de l’enseignement de base. »

L’envie d’apprendre ?
« Techniquement, ce n’est pas très difficile. Les Somaliens apprennent vite. Ils sont incroyablement brillants. Ils sont généralement jeunes, autour de 20 ans. Nous n’avons pas de mineurs et faisons très attention à cela. (…) Ils me surprennent parfois par ce qu’ils connaissent. Ils ont accès à l’information » développe le Col. Beary. « C’est intéressant, révélateur de voir ceux ci donner leur propre vision, leur propre lecture du terrain. Nous avons véritablement espoir de voir l’armée somalienne se développer ».

Presque 4000 soldats formés par Européens et Ougandais
La plupart sont jeunes, en général autour de 20 ans et proviennent des régions qu’il faut sécuriser : surtout des Hawiye et des Darod, venant de Mogadiscio et des environs. Dans la prochaine session, il y aura davantage de recrues provenant du sud, « pour avoir une armée composée des différentes parties, des différents clans qui forment la Somalie ». L’objectif de l’armée du GFT est d’avoir environ 12.000 soldats selon le projet présenté par le chef d’Etat-major du GFT somalien, le général Al Dini. Plus de 3000 soldats et officiers ont déjà ainsi été formés, la prochaine session démarre début juin. Et elle accueillera environ 650 élèves, sur le même modèle « qu’aujourd’hui, avec la formation de recrues, d’unités spécialisées et de formateurs ». Elles devraient former le noyau dur de « trois brigades « d’élite » d’une division ».

 

Le comportement sur le terrain
De retour sur le terrain en Somalie, les soldats subissent une « période de réintégration de deux mois, pour se mettre au courant de la situation, encadrés et entraînés par les forces ougandaises » qui travaillent dans le cadre de l’Amisom, la force de maintien de la paix de l’Union africaine. Le taux d’attrition reste « faible. Au départ, ce taux était de 4,6 %, il est descendu aujourd’hui à 1,9 %, On a un taux d’attrition très proche, voire plus faible, de ce qui se passe dans nos pays. » Une raison à cela, assez pragmatique. « Le système de paiement des soldats fonctionne. Ils reçoivent 100 $ par mois, c’est une forte incitation » à rester. Les premiers éléments formés sur le terrain se sont d’ailleurs « bien comportés » et ont participé notamment à l’offensive menée à Mogadiscio » pour déloger les Al-Shabbaab qui contrôlaient le marché de Bakaara.

Une expérience reproductible ?
La mission a un double intérêt. Pour les Somaliens, les « Européens fournissent une formation que personne ne peut apporter », avec une diversité d’expérience, d’enseignement. Les soldats formés « vont fournir les bases d’une force disciplinée et loyale pour le GFT. Cela permet également d’accomplir un développement significatif pour la réforme des structures de sécurité » du futur Etat somalien. Et coté européen, cette formation est aussi une « expérience » utile. « Ce « paquet » de formation pourrait « être utilisé dans un autre théâtre, par exemple au Soudan, si l’Union européenne veut faire çà, ou ailleurs. On ne perdra pas cette expérience. »
(*) Il s’agit du maximum. Il y en a 121 actuellement (85 formateurs et 36 membres de soutien et commandement) venant de 12 Etats membres : 25 Français, 16 Portugais, 15 Allemands, 14 Espagnols, 11 Italiens, 10 Irlandais, 7 Finlandais, 7 Suédois, 6 Belges, 4 Hongrois, 4 Maltais, 2 Britanniques.

Source : http://www.bruxelles2.eu/zones/somalie-ouganda/colonel-beary-eutm-somalia-un-bon-investissement.html